Procès Total : Natur-action partie civile !

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NATUR-ACTION vient à son tour de se constituer partie civile ce lundi, dans le procès TOTAL (société Total Raffinage Marketing) qui se tiendra à St-Nazaire du 4 au 6 octobre.
Nous ne pouvions être absents de la liste des parties civiles, au vu du travail effectué par notre association dès le soir de la catastrophe.


Le 16 mars 2008, près de 500 tonnes de "fioul de soute" se sont échappées d'une canalisation défectueuse située à quelques dizaines de mètres de La Loire sur le site de la dite raffinerie.
Nous considérons qu'il s'agit d'un accident industriel qui aurait pû être évité si les investissements nécessaires avaient été réalisés sur des installations vieillissantes et dangereuses pour l'environnement. Des économies ont été faites au détriment des règles élémentaires de sécurité et de protection des zones sensibles situées à proximité immédiate des installations.
L'estuaire de La Loire est un environnement naturel fragile. Il est classé au titre de plusieurs protections: ZNIEFF (zone naturelle d'intéret écologique, floristique et faunistique), NATURA 2000, Réserve de faune sauvage...


Ce site est essentiellement constitué de prairies humides, de vasières et de roselières dont le rôle écologique est essentiel. Il s'agit également d'un site de reproduction et de migration de nombreux poissons, dont certaines espèces sont protégées et en voie de disparition comme le saumon.

Les roselières sont aussi des zones de reproduction, de repos et de nourrissage de nombreuses espèces d'oiseaux. 
Nos équipes ont pu constater l'ampleur des dégats, et l'imprégnation du site, plusieurs mois après les faits dans les couches basses (racines) malgré une apparence trompeuse de restauration du site.

D'autre part, les équipes envoyées pour "nettoyer" l'estuaire, n'ont en fait nettoyé qu'en apparence. Visuellement l'impression de propreté pouvait satisfaire. Cependant au niveau de l'écosystème, le nettoyage tel qu'il est pratiqué est dramatique et ne laisse qu'un site moribond pour de nombreux mois, voire de nombreuses années, avant que la nature ne reprenne ses droits.
Aujourd'hui, nous constatons que de nombreuses associations de protection de l'environnement se sont déclarées "parties civiles" dans ce dossier. Nous ne pouvons que nous en réjouir pour espérer une restauration du site dans les meilleurs conditions et une indemnisation à hauteur du préjudice subit par l'environnement, de la part de l'exploitant et du responsable des installations vétustes.
Cependant nous ne sommes pas dûpes. Certaines associations ne sont jamais présentes sur le terrain mais profitent des retombées médiatiques des procès, ici ou ailleurs. 


Natur-Action, au contraire, a été sur le terrain dès le lendemain de la catastrophe et est à l'origine de nombreuses actions: manifestations, courriers, rencontres avec les autorités et Total...

Nous estimons avoir joué un rôle important dans ce dossier en matière environnementale. C'est pourquoi nous décidons aujourd'hui de nous constituer partie civile à notre tour.


- Dès le lundi 17 mars 2008, Natur-Action annonce une "marche de protestation" pour dire "stop" aux pollutions maritimes, avec le collectif anti marée noire de St-Nazaire et la coordination anti marée noire, contactées dès le dimanche 16 mars par nos soins.
- Le mardi 18 mars 2008, Natur-Action est reçue par le Préfet pour évoquer l'accident avec les deux collectifs anti marée noire. A cette occasion, Natur-Action demande l'ouverture d'une enquête judiciaire, la présence de scientifiques dans ce genre de crise, rappelons la necessité d'un plan "Polmar" terre et mer et demandons la mise en place de moyens supplémentaires pour alerter en cas d'accident. 
- Le 21 mars 2008, les 3 associations demandent d'urgence l'ouverture d'une "table ronde" avec le Port Autonome et le Sous-Préfet après l'échouage d'un chimiquier le matin même. Le même jour, d'autres associations se joignent à notre appel pour la marche du 22 mars: La LPO, les Verts, l'UDB, Emgann, Loire vivante, Bretagne vivante et Synapse Crew notamment.
- Le samedi 22 mars, plus de 300 personnes répondent à l'appel des associations (dont nous sommes les initiateurs). Aux associations déjà citées, se joignent le comité pour une Loire de demain, la fédération des chasseurs, les Alternatifs, les paludiers. Une lettre est remise aux services de la Préfecture pour demander un rendez-vous avec le ministre de l'environnement de l'époque, Monsieur Borloo.
- Le mardi 25 mars, soit 9 jours après la catastrophe, Natur-Action et les deux collectifs anti marée-noire, se rendent à Donges rencontrer le responsable de la sécurité du site Total, Monsieur Lavigne, qui reconnait alors l'entière responsabilité de Total dans la catastrophe!
- Le 1er avril, nous publions sur le blog de l'association les informations obtenues après enquête de nos équipes, sur la vétusté des installations, leur date de construction, de modification et de contrôle ainsi que sur l'origine possible de la fuite.
- Le 11 avril 2008, Natur-Action organise une réunion publique à Saint-Nazaire (Agora). Les associations Natur-Action, Eaux et rivières de Bretagne, le collectif citoyen anti marée noire de St-Nazaire et les amis du collectif marée noire y rédigent un communiqué de presse, rendu public le 15 avril. Les associations sollicitent une nouvelle rencontre avec le Préfet et demandent également que le CLIC (comité local d'information et de concertation) se réunisse.
- Le 15 mai 2008, Natur-Action participe à l'installation de la CLI (commission locale d'information) de l'Estuaire. Une soixantaine de participants (administrations de l'Etat, collectivités territoriales, organismes spécialisés, industriels, Drire, Total et associations de protection de l'environnement) sont réunis. A la question sur le nombre d'oiseaux morts récupérés, la réponse reste évasive et semble poser problème. En revanche sur les côtes de Vendée et de Charente, on nous annonce entre 200 et 400 cadavres collectés. Un suivi environnemental sera réalisé par la DIREN et financé par Total.
- Le dimanche 18 mai 2008, Natur-Action organise une sortie de découverte et d'information du site sur les marais de Donges afin de permettre aux adhérents (et non adhérents) de se rendre compte de l'ampleur des dégats. Deux mois après la catastrophe, nous constatons qu'il persiste toujours des résidus de fuel sur une largeur de 20 mètres environ en bordure de La Loire. Nous constatons également que sous la végétation verdoyante, une couche de fuel enfouie persiste et persistera de longues années encore!
- Le 19 septembre 2008, nous sommes reçus avec les autres associations, des élus, les pompiers, Total et les services de l'Etat lors de la venue de la secrétaire d'Etat Mme Kosciusko-Morizet. 

- Le 22 octobre 2008, un nouvel indident a lieu à la raffinerie de Donges, laissant s'échapper plusieurs m3 de fuel en Loire. Natur-Action annonce une "manifestation de colère" et demande un rendez-vous avec le directeur du site pour le jeudi suivant.
Suite à cet incident, Total estime que seuls 10m3 de "fuel de soute" se seraient déversés après une fuite sur un joint. Par précaution, plusieurs plages de St-Nazaire sont restées fermées le week-end et une unité de dépollution a été vue le dimanche matin par nos équipes, à la recherche de boulettes de fuel. Nous publions un communiqué de presse suite à ce nouvel incident.
- Le jeudi 30 octobre, malgré le froid et la pluie, 35 personnes répondent à l'appel de Natur-Action et des collectifs anti marée noire: AVES France, SurfRider France, FEA, MEI, ACIPA et Label Gauche.  Nous sommes reçus par le directeur du site Total. Celui-ci se glorifie des mesures prises après l'accident du 16 mars (installation de caméras thermiques notamment) mais n'exclut pas un nouvel accident! Pour lui, "le risque zéro n'existe pas". Pour ce monsieur, nous n'avons "aucune leçon à lui donner" et il souhaite que l'on "laisser tranquille la première entreprise de France".


- Enfin en fin d'année 2008, une seconde réunion de la CLI est organisée, à laquelle Natur-Action participe bien entendu.  Des études d'impact sur la pollution de mars sont alors en cours. La LPO demande que celle qu'elle a réalisée sur les oiseaux, soit communiquée aux membres de la CLI. Total semble de son côté, refuser la reconstruction des 7 appontements du site de Donges, dont certains datent de 1917, car celà ne serait pas, selon Total, "économiquement acceptable". 
Une prise de position que nous qualifions de scandaleuse au vu des bénéfices colossaux du groupe Total. Cette société préfère donc prendre le risque de nouvelles catastrophes. Le nettoyage et les indemnisations étant probablement plus avantageux financièrement et fiscalement, que la sécurisation et la rénovation du site!


Au vu de l'ensemble de ces observations et du travail réalisé par notre association, Natur-Action demande l'indemnisation des atteintes faites à l'environnement et aux fonctions écologiques assurées par un site exceptionnel pour la biodiversité et protégé à ce titre.

photo (O.F)

Loire, marée noire, pollution, Total

mercredi 05 octobre 2011 10:34 , dans Informations, dates



1 commentaire(s)

  • maddy dim 16 oct 2011 00:25
    Vous avez fait du bon boulot. J'espère que Total sera lourdement condamné pour leur laxisme environnemental!


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